Article mis en avant

Quand le progressisme oublie l’esclavage : le Mouvement national démocratique (MND) et la question haratine

J’ai découvert la révolution de 1968 alors que j’étais élève au lycée de Rosso, ancien collège Xavier COPPOLANI, du nom d’un administrateur colonial. À cette époque, l’effervescence gagnait même les lieux les plus inattendus : les élèves se retrouvaient dans un hangar, non loin du lycée, servant habituellement à la vaccination du bétail. Des tribunes y étaient improvisées, et des étudiants venus de l’Université de Dakar s’y succédaient pour prendre la parole. Ils animaient les rencontres, tenaient des réunions et exposaient des lectures marxistes qui nourrissaient les débats.

Dans cette assemblée, la majorité des intervenants étaient maures et halpulaar. Les Soninké y étaient peu nombreux, tandis que les Wolof et les Haratine y étaient totalement absents. Cette configuration ne manquait pas de susciter des interrogations. Si la faible représentation des Wolof pouvait s’expliquer par leur poids démographique limité en Mauritanie, l’absence des Haratine renvoyait à une réalité plus profonde : une société encore marquée par l’esclavage, qui entravait leur accès à l’éducation et au savoir. Continuer la lecture

De quelle composante parle monsieur le Président ?

Identité haratine : ce que vous refusez de voir Mohamed Echriv Echriv, Par Mohamed  Daoud Imigine | Association des Haratine de Mauritanie en EuropeVisiblement, l’unité nationale, la cohésion sociale et le vivre-ensemble sont des thèmes récurrents dans les discours du Président de la République. On ne peut que s’en réjouir, tant le risque d’un péril en la demeure est latent.

Toutefois, en abordant ces questions, Monsieur le Président évoque des composantes nationales. Or, selon notre Constitution Continuer la lecture

Mauritanie : Esclavage d’une fillette, impunité et coercition

Communiqué IRA et LAA

1. Un cas avéré d’esclavage sur Nouhe mint Mohamed, âgée de 11 ans, vient d’être découvert à
Toujounine, commune de Nouakchott, la capitale. La volonté de requalifier l’infraction en
« travail de mineur » procède du blanchiment, en vue de soustraire, les auteurs, à la rigueur du droit.

2. Le 04 février 2026, les militants de l’Ira s’empressent de saisir la police compétente. Après la
dénonciation puis la confirmation des actes allégués, le processus habituel de désinformation s’est mis en branle, conformément Continuer la lecture

Bref commentaire introductif à propos du livre : « Le génocide voilé » de Tidiane N’Diaye

Dans Le génocide voilé de feu Tidiane N’Diaye : «La traite négrière arabo-musulmane a commencé lorsque l’émir et général arabe Abdallah ben Saïd a imposé aux Soudanais un bakht (accord), conclu en 652, les obligeant à livrer annuellement des centaines d’esclaves. La majorité de ces hommes était prélevée sur les populations du Darfour. Et ce fut le point de départ d’une énorme ponction humaine, qui devait s’arrêter officiellement au début du XXe siècle.» p 10..11

Ici… un passage sur les données introductives du livre de l’anthropologue sénégalais décédé le 26 octobre 2025. Repos éternel à son âme!

Entre 652 et le 9 novembre 1981, la date de l’Ordonnance n°81-234 portant Abolition de l’esclavage en Mauritanie  sous la gouvernance du Comité Militaire du Salut National (CMSN) du Lt- colonel Ould Haidalla, un long temps de 1329 ans s’écoula. Et ce cheminement abolitionniste a du mal à prendre corps sérieusement au sein des contenus religieux et dans les structurations socio-tribalo-communautaires. Les lois modernes initiées par l’Etat provoquent quelques déblocages marginaux face aux résistances de l’ancien ordre organisationnel foncièrement féodalo-esclavagiste généré et entretenu par la nature structurelle de différentes compositions communautaires (arabo-berbères et négro-mauritaniennes). Le récent cas brûlant autour d’une adolescente noire qui vivrait en condition d’esclavage dans une famille à Nouakchott (la capitale mauritanienne), paraîtrait un présent prolongement de cette date référence remontant au 7 ème siècle. Et ce, 1374 ans après, les frictions autour de la question de l’esclavage et ses multiples manifestations ne manquent pas au sein des ensembles sociolinguistiques majoritairement (parfois entièrement) musulmans. En une certaine Afrique noire, l’esclavage idéologiquement islamisé s’est fait coutumier avec rigidités entre membres d’une même communauté sociolinguistique. Le cas soninké en est amplement illustratif où d’aucuns perpétuent un logiciel socio- idéologique qui ne considère pas l’esclavage par ascendance comme une lésion sociale devant être extirpée. On s’y accroche… beaucoup étrangement au nom de l’islam d’ailleurs selon une école religieuse loin d’être quelconque. Une certaine lecture traditionaliste du référentiel religieux est ouvertement esclavagiste…de nos jours. Ce qui déroute intellectuellement en sourdine beaucoup de lettrés religieux au sein de nos communautés affrontant d’énormes contradictions et certains se réfugient maladroitement avec gymnastique derrière des narratifs troublants d’un cercle à un autre en fonction des audiences en face.

La répression violente subie par des militants anti-esclavagistes du mouvement IRA-Mauritanie devant un commissariat de police à Nouakchott hier (06-02-2026) parce qu’ils tenaient un sit-in pour exiger la clarification autour du cas de la jeune fille, est une affaire épisodique du continuum de cet accord d’allégeance racialiste de 652.

Mes pensées de prompt rétablissement aux militants d’IRA blessés.

7 février 2026
Par Koundou SOUMARE
Source : L’écrit osé (blog)

Déclaration de la coalition Anti-Système (CAS)

 La Coalition anti- Système –C-A-S -a pris récemment connaissance, à travers des investigations menées par IRA, de l’existence d’un cas avéré et suffisamment documenté d’esclavage d’une petite fille de onze ans, à Nouakchott. Elle exprime sa plus vive indignation face à la résurgence d’une tare sociale qu’elle croyait Continuer la lecture

بيان حركة تحرير وانعتاق الحراطين “الحر”

تابعت حركة تحرير وانعتاق الحراطين “الحر” ببالغ القلق والغضب ما كُشف عنه خلال الأسبوع الماضي من حالة عبودية مكتملة الأركان، وهي الجريمة التي أعادت إلى الواجهة واحدة من أبشع الظواهر التي ما زالت تنخر جسد المجتمع، رغم القوانين والتجريم والتعهدات الرسمية.
إننا في حركة الحر نُحيّي الجهود التي قامت بها حركة إيرا في كشف هذه الجريمة وتسليط الضوء عليها، ونؤكد أن محاربة العبودية ليست جريمة، بل واجب وطني وأخلاقي، وأن الوقوف إلى جانب الضحايا هو جوهر النضال من أجل دولة القانون والكرامة الإنسانية.
وفي الوقت نفسه، تُعرب الحركة عن إدانتها الشديدة لكل مظاهر العنف والقمع التي تعرّض لها مناضلو حركة إيرا على يد الشرطة، ونعتبر أن استخدام القوة ضد المدافعين عن حقوق الإنسان سلوك مرفوض ومدان، ولا يخدم إلا حماية الإفلات من العقاب وتشويه صورة الدولة ومؤسساتها.
إن حركة الحر تؤكد ما يلي:
– أن العبودية ما زالت واقعًا مؤلما يتطلب إرادة سياسية حقيقية لا شعارات موسمية.
– أن حماية الضحايا ومحاسبة الجناة يجب أن تكون أولوية مطلقة دون تمييز أو تواطؤ.
– أن حرية العمل الحقوقي والتعبير السلمي خط أحمر لا يجوز المساس به.
-أن القمع لن يُسكت الأصوات الحرة بل سيزيد من إصرارها على النضال.
وعليه تطالب حركة الحر ب
– فتح تحقيق جاد ومستقل في حالة العبودية المكتشفة، وضمان إنصاف الضحايا.
– محاسبة كل من تورط في ممارسة العنف أو الأمر به ضد نشطاء إيرا.
– توفير الحماية القانونية والأمنية لكل المدافعين عن حقوق الإنسان.
– الانتقال من منطق الإنكار إلى منطق المواجهة الجريئة لملف العبودية ومخلفاتها.
إن معركة التحرر والكرامة معركة واحدة ولن تتراجع حركة تحرير وانعتاق الحراطين “الحر” عن دورها التاريخي في الدفاع عن الإنسان ورفض الظلم ومقاومة كل أشكال الاستعباد والقمع مهما كانت التضحيات
اللجنة المركزية
07/02/2026

Déclaration du Mouvement de Libération et d’Émancipation des Haratines « El-Hor »

Le Mouvement de Libération et d’Émancipation des Haratines « El-Hor » a suivi avec une profonde inquiétude et une vive indignation ce qui a été révélé au cours de la semaine  concernant un cas d’esclavage constitué dans tous ses éléments. Ce crime a remis au premier plan l’une des plus abjectes réalités qui continuent de ronger le corps de Continuer la lecture

Mauritanie : la violence d’État contre ceux qui luttent pour abolir l’esclavage

Des images insupportables comme cette vidéo circulent dans les réseaux sociaux qui montrent plusieurs militants IRA Mauritanie victimes d’agressions policières gratuitement à cause de l’impunité que bénéficient les auteurs de ces actes odieux depuis plusieurs décennies dans les rangs des soi-disant «forces de l’ordre » qui sont plutôt des forces du désordre dans le pays.

On ne peut pas rester silencieux face à cette barbarie inhumaine qui se déchaîne comme une volonté manifeste de décimer toute contestation en Mauritanie. Continuer la lecture

Esclavage des enfants en Mauritanie : le droit à l’épreuve du déni et de l’impunité

À propos du cas de Nouhe Mint Mohamed, mineure exploitée à Nouakchott Nord

Dans un pays qui proclame l’éradication de l’esclavage et la protection de l’enfance, il est parfois difficile de concilier les normes juridiques avec la réalité vécue par les plus vulnérables. Pourtant, des cas documentés rappellent brutalement que le droit, aussi clair et affirmé soit-il, peut se heurter au déni, à l’inaction et à l’impunité.
L’affaire de Nouhe Mint Mohamed, une enfant de 11 à 12 ans retrouvée en situation d’exploitation domestique à Nouakchott Nord, illustre tragiquement cette fracture entre la loi et sa mise en œuvre effective, mais aussi entre le discours officiel qui prétend « ne pas trouver de cas » et la réalité crue du terrain où des enfants continuent d’être exploités. Cette affaire n’est pas un fait divers : elle constitue un test décisif de la capacité de l’État mauritanien à appliquer ses propres lois et à assurer une protection réelle et effective à ceux qui sont légalement les plus fragiles. Continuer la lecture

Après le colloque du Centre Maghrébin d’Études Stratégiques du 31 janvier 2026 : au-delà des séquelles de l’esclavage, quelques mises au point s’imposent.

Le thème du colloque organisé par le Centre Maghrébin des Études Stratégiques le samedi 31 janvier 2026 — « Les séquelles de l’esclavage en Mauritanie : entre les exigences du développement et instrumentalisation politique » — soulève d’emblée de nombreuses interrogations. Pourquoi parler de « séquelles de l’esclavage » plutôt que de la « question de l’esclavage » ? Pourquoi évoquer « instrumentalisation politique » plutôt que les faillites des systèmes politiques ?

L’exposé introductif du président du centre laisse transparaître quelques éléments de réponse significatifs, malgré une approche qui se veut « scientifique » et une « objectivité » pour le moins mal assumée. Il a dressé un tableau alarmiste, passant en revue les faillites des politiques socio-économiques des différents systèmes et mouvements politiques, avant de conclure sur l’instrumentalisation de la question de l’esclavage par les régimes en place, par les « défenseurs de la cause » (أصحاب القضية) ainsi que par certaines instances internationales. Continuer la lecture