A.H.M.E.

INTERVIEW 9:

 

Interview du capitaine Breika ould M'Bareck (juin 2007)

 

 

25 juin 2007 : Interview de l’ex Capitaine Breika ould M’Bareck

    «L’argent mobilisé pour le Palais des peuples s’élevait à plus de 70 millions d’ouguiyas. J’ai les preuves que ce montant  était en place lors de mon départ, en conséquence, c’est aux différents Permanents des Comités qui m’ont succédé, qu’il faut poser cette question. Les Mauritaniens ont le droit d’être édifié sur le sujet»

     

    Officier le plus médaillé de l’Armée nationale, l’ex capitaine Breika ould M’Bareck a occupé plusieurs fonctions militaires. Formé à Saint Cyr, avec plus tard un stage à l’EAAC d’Alger, ce spécialiste de l’artillerie s’est particulièrement distingué lors de la guerre du Sahara occidental.

     

    Membre actif de la junte militaire qui a renversé feu maître Mokhtar ould Daddah, il a été mis à la réforme en 1979 après avoir été accusé par ses compagnons d’armes du  CMRN (Comité Militaire pour le Redressement National) de préparation, au même titre que l’officier Moulaye Hachem ould Moulaye Ahmed, d’un contre coup d’Etat.

     

    Au cours de la même année, il a participé à la restructuration du CMRN qui deviendra le CMSN (le Comité Militaire pour le Salut National). Toujours en 1979, il fait son retour en force au sein de la Grande Muette.

     

    Avec sa franchise légendaire, cet ancien officier a eu un entretien à bâtons rompus avec
    l’équipe de rédaction de notre journal. Il nous a notamment parlé de ses faits de guerre lors du conflit avec le
    Sahara, de ses arrestations, de l’accident d’avion de feu Kader, de l’argent du Palais du Peuple, de ce qu’il pense des coups d’Etat en particulier celui du 8 juin 2003, de son combat pour ceux qu’ils appellent El Khadhara, de son parcours politique, de ce qu’il pense du régime actuel et de bien d’autres sujets. Entretien :

     

    Le Véridique : Vous avez commencé votre carrière professionnelle par
    l’enseignement, en tant qu’instituteur. Pourquoi par la suite, avez-vous choisi
    l’enrôlement à l’Armée ?

    Breika ould M’Bareck : J’ai effectivement commencé ma carrière comme instituteur et j’ai exercé ce métier à Bir Moghrein et à Chinguitti pendant près de sept années. Au cours de cette expérience, je me suis imposé la noble mission de préparer la composante Khadhara à assumer son avenir et sa place sur l’échiquier national.

     

    Dès mon jeune âge, j’ai pris une option pour la lutte pour l’émancipation des Khadhara et contre la marginalisation et l’exclusion de cette frange. J’avais remarqué que le problème des esclaves allait se poser avec acuité plus tard. En considération de la société mauritanienne, et de ses structures tribales, ses castes, l’Armée constituait  un vecteur de changement. Donc je suis venu à l’Armée dans l’optique de contribuer à ce changement qui permette de mettre le pays sur de bons rails. Ce très beau pays qui a une riche histoire, un glorieux passé mais qui restait bloqué en raison d’un système psychologique féodal. Dans mon esprit, c’était donc
    l’Armée pour le changement.

    Le Véridique : Vous avez participé à la guerre du Sahara. Quels souvenirs gardez vous de cette époque ?

    BOM : (Rire). Si je me mets à énumérer les souvenirs, nous ne terminerons pas cette interview aujourd’hui mais je vais vous en parler, dans le tas de quelques ‘uns.

     

    Je me rappelle que quand notre Armée s’est engagée dans cette guerre, je voyais certains soldats détaler dans les regs de Lagoueira, cela me faisait sourire. Mon deuxième souvenir,
    c’est à Gleibatt Legleiya, quand nous avions investi Awsred, nous avions un chef certes courageux mais qui était très pressé et qui ne nous a pas laissé contourner la position, on
    s’est rendu à Zouerate et le Polisario nous a contre attaqué. Il a fallu quinze jours d’âpres combats pour les déloger de nouveau.


    Mon chef et frère, feu Dieng Nadhirou, qu’Allah ait son âme et l’accueille en son saint Paradis,  me  parlait de notre distance de sa chère Vallée, je le revois avec son visage de saint. Troisième souvenir, c’est l’attaque du 1er mai, quand j’étais obligé de déloger le Polisario, j’ai aperçu une voiture rouge, un type de véhicule que mon frère qui travaillait à la Snim avait, j’ai pris peur que mon frère soit  entre les mains du Polisario. Enfin, l’avion de feu Kader, ce brillant officier qui après avoir été abattu par une roquette, a trouvé l’imagination  et un réservoir de courage pour tromper l’ennemi et retourner à la carcasse de l’avion jusqu’à ce
    qu’on soit venu le récupérer...

    Le Véridique : Justement, l’accident de feu Kader a suscité de nombreux commentaires notamment en ce qui concerne l’identité des personnes venues les premières à son chevet. Avez-vous des éclaircissements sur cet épisode ?

    BOM : En réalité, Kader a été récupéré par une unité commandée par Mohamed Khouna ould Haidalla mais c’est moi-même qui ai eu l’honneur de venir le premier au pied de cet Defender et ce n’était pas par hasard. C’est à partir de certaines données que j’ai pu identifier la zone où il pouvait être tombé. L’avion nous avait survolé aux environs de 16 heures, j’ai suggéré au chef de revenir à Mheiriz El Hachya et à partir de là, nous avons pris les traces du Polisario et en regardant la carte, j’ai estimé que c’est à partir de la zone dite Zbyera Ehel Deikhine que
    l’avion aurait été abattu. Avec opiniâtreté et espoir, nous avons cherché jusqu’à trouver la carcasse de l’avion. J’étais avec des soldats valeureux et courageux parmi lesquels je peux citer votre Directeur de Publication monsieur Mohamed Salem ould Haiba, qui à l’époque très fougueux. Il faut dire que je ne suis pas étonné de le retrouver aujourd’hui ici parce que lorsque je le formais à l’armée, il s’était déjà imposé comme un général malgré son jeune âge.

     

    Le Véridique : Pensez vous que la Mauritanie avait raison de se retirer de la Guerre du Sahara et que Feu Mokhtar ould Daddah s’était trompé sur cette affaire ?

    BOM : Ecoutez, feu le président avez parlé de la Mauritanie dans son ensemble bien avant
    l’indépendance. En revendiquant une partie du Sahara occidental, il avait au moins une suite dans les idées. Personnellement, je suis pour l’autodétermination des peuples, mais je trouve que Mokhtar avait raison de revendiquer ce bout de territoire. Par la suite, le contexte avait changé. La Mauritanie s’était retirée de cette guerre après en avoir informé les Nations Unies. Nous nous étions retiré pour débloquer la situation. Je crois que si aujourd’hui, les deux parties en conflit sont en négociations directes cela découle de cette position prise par notre pays.

     

    Le Véridique : Durant votre parcours, vous avez été placé en détention plusieurs fois. Peut-on savoir le pourquoi de ces incarcérations ?

    BOM : J’ai été arrêté trois fois. La première fois, il y a eu des divergences entre moi et  mon chef dont je ne veux pas citer le nom ici par pudeur. Cet officier a oublié que j’étais officier comme lui et surtout en toute modestie que je n’étais du genre à se laisser marcher sur les pieds. Il a voulu déborder et je l’ai rappelé amicalement mais fermement et avec honneur tel que cela nous a été enseigné dans les académies militaires.

     

    J’ai beaucoup regretté cette arrestation surtout que durant mon absence, mes compagnons ont subi une lourde défaite à Bir Guendouz. Je ne sais pas si ma présence aurait pu changer le cours des choses mais ce dont je suis sûr, c’est que j’ai joué un rôle déterminant dans plusieurs batailles comme peuvent en témoigner tous les officiers, sous officiers et hommes de troupe honnêtes qui ont eu à me côtoyer durant cette période de ma vie.

     

    La deuxième fois, j’ai eu des démêlées avec un gouverneur à F’Derick suite à une altercation avec lui du fait que durant une manifestation de projection de film, j’ai trouvé des officiers de
    l’Armée debout alors que des sièges étaient occupés par des femmes et des enfants. J’ai trouvé cela anormal en temps de paix et à plus forte raison en temps de guerre et je l’ai fait signifier à ma façon. Cela a irrité le gouverneur qui a présenté cet incident aux hautes autorités sous un autre angle. J’ai été mis aux arrêts et on m’a emmené à Rosso où peut être on voulait me juger. Entre temps, il y a eu l’opération de Ezayiz Drak, et on a demandé à feu Jiddou ould Saleck d’organiser une riposte. Il a estimé que son adjoint en l’occurrence moi-même devait être avec lui. C’est ainsi qu’on m’a envoyé un avion léger pour me ramener au champ de bataille.

     

    La troisième fois, juste après le 10 juillet. J’ai été arrêté parce que j’ai estimé que la première configuration du Comité et les options n’étaient pas celles qui étaient définies au préalable par tous les officiers. J’ai mis en garde le chef du CMRN que s’il ne corrigeait pas cette déviation, je n’hésiterai pas à la corriger moi-même si l’occasion m’était donnée de le faire. J’ai été arrêté pendant près de trois mois, puis mis à la réforme avant de revenir avec le CMSN avec l’aval de Mohamed Khouna ould Haidalla et feu Ould Bouceif. Un valeureux officier à qui je rends ici un vibrant hommage et que les Mauritaniens ne doivent pas oublier.

     

    Le Véridique : Vous étiez sous le régime de Ould Haidalla, l’un des hommes forts du pays. A l’époque, les Mauritaniens s’étaient fortement mobilisés pour la construction du Palais du Peuple dont vous aviez la charge. Peut-on savoir où est passé tout cet argent ?

    BOM : Contrairement à ce que soutiennent beaucoup de gens, le Palais du peuple n’a pas mobilisé beaucoup d’argent. Toujours est-il que, l’argent mobilisé pour cet édifice s’élevait à plus de 70 millions d’ouguiyas. J’ai les preuves que le montant était en place lors de mon départ, en conséquence, c’est aux différents Permanents des Comités qui m’ont succédé
    qu’il faut poser cette question. Les Mauritaniens ont le droit d’être édifié sur le sujet. Ce sont ces Permanents qui se sont succédés depuis 1984, qui ont confié le marché de construction à un homme d’affaires qui n’a érigé que les colonnes que tout le monde voit aujourd’hui.

     

    En 1990, j’avais rédigé une lettre ouverte dans laquelle je disais toute ma disposition d’aller devant la Justice pour faire toute la lumière sur cette affaire. Je l’ai dit à l’époque, je le dis tout de suite et je le dirais demain car je n’ai rien à me reprocher sur cette affaire.

     

    Le Véridique : L’un de nos confrères, en l’occurrence Jeune Afrique avait écrit à propos de l’officier Feu Moulaye Hachem « l’arroseur arrosé ». Cette formule pourrait-elle être adaptée à votre cas ?

    BOM : J’estime que lorsque j’étais au pouvoir avec Ould Haidalla, personne ne pouvait le toucher. Même les Américains, les Français, le savent. Je suis très content d’avoir quitter le pouvoir sans avoir à trahir mon ami et frère Mohamed Khouna ould Haidalla et de pouvoir aujourd’hui le regarder en face sans la moindre honte. J’ai préféré traverser le désert depuis 1984, parce que j’estime que cet homme est celui qu’il fallait à la Mauritanie.

     

    Le Véridique : Depuis un certain temps vous êtes actif dans la scène politique. Mais vos détracteurs vous reprochent ce qu’ils appellent votre instabilité politique ?

    BOM : Ce que ces gens appellent l’instabilité, moi je le définis plutôt comme expérience et fidélité aux principes. Je connais bien les mentalités des mauritaniens pour avoir été l’un des architectes du Mouvement d’Education des Masses. De fait, ceux qui me reprochent mon instabilité, ce sont des gens qui ont peur que je leur tire le rideau. De fait, dans mon entendement, il était souhaitable pour moi et pour El khadhara que je représente, que je me mette en retrait puisqu’ils avaient eux-mêmes choisi un leader. Il ne servait à rien de venir lui faire la concurrence. Cela pouvait tout au plus affaiblir la cause que nous défendons tous malgré les divergences d’approche. Il faut dire que c’est avec le kalach que je me suis imposé et que j’ai aidé les Khadaras.

     

    Le Véridique : D’autres vous accusent d’appartenir aux services de renseignements?

    BOM : C’est dommage parce que mon genre ne peut pas appartenir aux renseignements et puis qui renseigner ? Des hommes que j’ai eu à commander ? Si j’avais appartenu aux réseaux des  renseignements, j’aurai dû trouver ma place de soleil après le 3 août 2005...

     

    Le Véridique : En tant qu’expert militaire, est ce que vous pensez que la tentative de coup d’Etat du 8 juin 2003, qui est à la fois la plus sanglante et la plus osée de la longue série de putches, pouvait être dirigée par un homme qui n’était plus en service au sein de l’Armée ?

    BOM : L’action du 8 juin a été menée par des officiers qui étaient au sein de l’institution militaire, des hommes qui dirigeaient des unités. Ils se sont peut être appuyés sur d’autres hommes qui n’étaient plus dans le corps. Il faut dire quand même que malgré tout, l’Armée était suffisamment verrouillée pour que le premier civil, fut-il un ancien du corps, puisse pénétrer dans la plus petite caserne sans attirer l’attention sur lui. C’est une action héroïque dirigée par des hommes courageux, mais qui a connu de nombreuses insuffisances graves qui ont fait que la tentative a capoté.
     

    Première insuffisance : il fallait chercher un homme charismatique comme leader comme cela s’est passé récemment en Cote d’Ivoire. Deuxièmement, il ne fallait pas, comme on dit dans notre jargon, chercher à remplacer caporal par sergent. Il fallait plutôt associer le maximum de militaires à l’opération, mobiliser par exemple tous les militaires victimes depuis 1984 de
    l’arbitraire. Enfin, il fallait bien préparer l’aspect de la communication, certes Ould Kaabach et un autre étaient revenus à la TVM mais à leur arrivée ils avaient trouvé que le BASEP avait déjà maîtrisé la Télévision et enfin il fallait également chercher une caution préalable des partis politiques.

     

    Le mérite de cette opération est d’avoir permis de dégripper le régime de Ould Taya et préparer le terrain du 3 août 2005. Le 8 juin est donc une réaction de certains officiers héroïques qui ont pris leurs armes pour sauver le pays du chaos vers lequel il s’acheminait inexorablement.

     

    Le Véridique : Selon certaines sources, vous auriez été contacté par les instigateurs du 8 juin 2003 ?

    BOM : Je ne peux pas confirmer ou infirmer cette information. Tout ce que je peux dire c’est que certains officiers qui me connaissent, ont cherché à avoir mon avis. Je leur ai dit que Ould Taya n’est pas à sous estimer et que si on ne cherche pas à impliquer tous les officiers, cela ne peut pas marcher.

     

    Le Véridique : Quel est l’avenir politique de l’ex capitaine Breika ?

    BOM : Mon avenir est lié à celui de la Mauritanie. J’estime que les partis politiques ont fait une erreur en cautionnant aveuglement le 3 août 2005 et en acceptant  d’être manipulé contre la déclaration de Dakar. C’est pour cela que j’estime qu’il n’y a pas eu de période de transition. Parce qu’une transition suppose l’implication de tous les acteurs publics, partis politiques et société civile.

     

    Le Véridique : Que pensez vous de l’actuel régime ?

    BOM : Le Président élu Sidi ould Cheikh Abdallahi est un homme foncièrement bien. Je le connais parfaitement pour l’avoir côtoyé durant sa traversée de désert. Je lui fais confiance mais il doit appliquer l’équation très simple de la politique nationale. C’est-à-dire qu’il doit permettre au Premier ministre, au président du Sénat et celui de l’Assemblée nationale de se concerter pour les grandes décisions. Tout comme il doit impliquer le leader de l’opposition. Mais encore une fois, il ne doit pas oublier l’Armée. Il faut que l’actuel locataire du Palais ocre se penche sur la situation des militaires. En tant que commandant en chef des Forces Armées, il doit prendre très au sérieux le cas de l’Armée.  

     

    Le Véridique : Qu’avez-vous fait concrètement pour aider à l’émancipation de ceux que vous appelez El Khadaras?

    BOM : J’ai aidé à une prise de consciente de l’injustice subie par cette frange de la population. J’ai passé le flambeau à ceux qui militent aujourd’hui pour cette cause. Le problème de cette frange ce n’est pas de faire une loi criminalisant l’esclavage, le problème c’est de trouver une solution concertée. Pour cela, il faut associer toutes les personnes, toutes les organisations concernées de près ou de loin par la question.

     

    Il est inconcevable qu’en 2007, on trouve dans les domiciles de certains responsables encore des captifs pour leur laver les mains. Ces responsables doivent être sévèrement punis. Le gouvernement gagnerait à se désolidariser de tout ministre ou autre responsable chez qui on trouverait un Abd. Ca c’est du concret.

     

    Le Véridique : En tant qu’expert militaire, pensez vous que dans le contexte actuel de démocratisation, le pouvoir puisse être pris par la violence?

    BOM : Les coups d’Etat sont toujours envisageables. La germe d’un coup d’Etat, c’est quand des femmes et des enfants conduisent des voitures de l’Etat alors que des commandants ou des capitaines marchent à pied ou attendent des taxis, c’est quand les militaires n’ont pas de dortoirs, c’est aussi quand ils n’ont pas de soins, ils n’ont pas de moyens de transport,  c’est également quand dans le tableau d’avancement on n’applique pas les règles, ou encore quand il y a des problèmes sociaux...Les coups d’Etat c’est quand des hommes formés et de qualité estiment que leur pays est au bord de la dérive et qu’il convient de le sauver. Il ne faut surtout pas croire que l’Union Africaine ou la Ligue Arabe ou toute autre institution internationale puisse empêcher des officiers, des soldats de prendre le pouvoir par les armes s’ils jugent que cela va aider à mettre leur pays sur bons rails.

     

    Ensuite, vous avez dans la rue plus de 300 officiers, limogés pour différentes raisons et qui
    n’ont pas de revenu et dont certains se sont mis à vendre des cartes de recharge de téléphonie mobile, vous avez aussi 2000 militaires des sous officiers et des soldats qui n’ont pas de quoi vivre, c’est gens là, il faut en tenir compte et leur trouver des solutions.

     

    Propos recueillis par Haiba et Ragel

     



     source : Le Véridique (Mauritanie)

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

  

 

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