|
Journal EssirajeHebdo
Interview
avec le Dr Mourtoudo Diop doyen des opposants mauritaniens.
1.
Présentation sommaire du doyen.
C’est un plaisir
immense et une occasion inespérée que vous me donnez pour vous saluer,
remercier Dieu et son Prophète, remercier tous vos lecteurs et lectrices, aussi
demander à Allah de nous aider à renverser notre régime despotique, défroqué,
carrent et rétrograde.
Je suis un Haalpulaar mauritanien, musulman, né vers 1942 au village de Mbagne,
situé au bord du fleuve Sénégal, dans la région du Brakna. C’est là et à Boghé
où j’ai fait l’école primaire. L’enseignement secondaire s’est effectué à
Saint-Louis du Sénégal, ancienne capitale de la Mauritanie et du Sénégal. C’est
là, à bas âge que j’ai flirté avec le Parti Africain pour l’indépendance,
dirigé par le pharmacien Majhémout Diop. Cette formation politique d’obédience
marxiste léniniste se battait pour la liberté, l’unité continentale et
l’instauration du socialisme scientifique sous la bannière de l’Union
Soviétique. Nous avions défié la France, nos régimes réactionnaires et avons
rudement houspillé le général De Gaulle lors de son célèbre meeting à la place
Protêt de Dakar en 1958, devenue Place de l’Indépendance. Il a commencé son
discours par ces termes : « Je vois que Dakar est une ville
vivante et vibrante. Je ne me lasserai pas de la saluer en des raisons de
souvenir qui m’y attachent... » Nous l’avons brusquement interrompu par ces
mots : « A bas caporal De Gaulle ! A bas l’assassin de Thiaroye !
Indépendance immédiate…» Il s’arrêta et rétorqua : « A bas les
démagogues ! Vous voulez l’indépendance ?» Nous avons dit Oui !
Il répondit : « Eh bien, prenez là, prenez là le 28 septembre
1958…» Ces mots continuent jusqu’ici à résonner dans ma tête comme s’il
s’agissait d’aujourd’hui. La passion du militantisme politique retarda mes
études secondaires et supérieures. La rigueur de la répression des régimes
fantoches de Senghor et de Mamadou Dia, le démantèlement du P.A.I. et la
dislocation de la Fédération du Mali, m’obligèrent à rejoindre la Mauritanie.
Admis à un concours administratif, j’ai servi treize dans l’administration des
douanes. J’ai été le secrétaire général du syndicat national des douaniers de
la Mauritanie. Fall Malick et le professeur Elimane Kane responsables de
l’Union des Travailleurs de Mauritanie (U.T.M.) avaient remarqué mon dynamisme
au sein de l’Union locale de Nouadhibou avec Brahim ould Haïmouda dans la lutte
pour la défense des travailleurs contre MIFERMA. Ils m’ont choisi pour aller à
un stage à l’école internationale syndicale des militants d’Afrique, d’Asie et
d’Amérique Latine à Moscou de 1966 à 1968, période qui a coïncidé avec les
évènements de mai 1968 en France et en Europe où les jeunes s’étaient révoltés
contre le capitalisme et l’impérialisme. Depuis lors j’ai toujours milité
dans les partis d’oppositions. De Daddah à Aziz, je n’ai jamais pactisé avec
nos régimes réactionnaires, racistes, tribalistes et esclavagistes. Par contre,
j’ai été dans la clandestinité avec le P.M.T., le parti des kadihines. J’ai
soutenu matériellement et moralement des militants persécutés. J’ai
hébergé des recherchés et appuyé un étudiant incorporé de force dans l’armée.
Beaucoup de patriotes conséquents le savent.
Depuis 1956, je suis dans l’opposition, j’en remercie Allah qui a fait de
moi le doyen des opposants mauritaniens. En 1973, j’ai obtenu une bourse pour
poursuivre des études supérieures de droit international à l’Université d’Etat
de Tarasse Grégorivitche Chevtchenko de Kiev (U.R.S.S). Après quelques années,
la rigueur du climat m’a obligé à transférer en France où j’ai fait des études
en sociolinguistique, en sciences politiques, en histoire… J’ai obtenu un
D.E.A. en analyse institutionnelle des sciences de l’éducation, un D.E.A
en égyptologie, un doctorat en sciences politiques. J’ai beaucoup milité dans
les organisations syndicales des étudiants en URSS et en France où j’ai
participé aux débats houleux de tous ceux qui voulaient graisser l’axe du monde
qui était rouillé. Ces débats passionnés étaient animés par tous les courants
politiques mauritaniens ; nassériens, baathistes, Frères musulmans,
anti-esclavagistes (El Hor ), marxistes, prosoviétiques, prochinois,
provietnamiens, pro-albanistes, les nationalistes
« négro-mauritaniens » etc. tous avaient des projets plus ou moins
nébuleux de société ; ils s’affrontaient en théorie sans chercher à se
comprendre, quel gâchis !
2. Qu’est ce que
c’est DEKAALEM, un mouvement politique ou culturel ?
« Dental
Kaaldigal Leyyi Moritani » c’est-à-dire le Rassemblement pour le Dialogue
des Nationalités Mauritaniennes (R.D.N.M) est un parti politique
national, continental et alter mondialiste. Il aspire à la prise du pouvoir
pacifiquement en vue de régler d’abord notre étouffante questions nationale qui
est susceptible de faciliter le règlement de nos problèmes essentiels, de
consolider l’unité nationale, de solutionner le partage du pouvoir, des
richesses nationales entre toutes les nationalités, de stabiliser le pays, de
gérer correctement l’espace, de promouvoir sur une base égalitaire les cultures
et les langues nationales, ainsi que l’utilisation équitable de la radio et de
la télévision.
C’est un problème complexe qui a agité,
ensanglanté tous les pays du monde entier depuis la formation des états nations
à nos jours. Malheureusement, nos décideurs politiques ne l’ont jamais
appréhendé, et les principaux leaders de l’opposition l’ont tous abordé dans
une déconcertante cacophonie.
Le bilan calamiteux que j’avais fait de
nos combats politiques après la période d’exception m’avait poussé avec un
certain nombre de cadres à renouveler le débat politique et à le faire avancer
concrètement par la création d’un parti politique non violent afin de sortir
nos idées des limbes de la virtualité à la réalité..
Ainsi donc DEKAALEM a été créé dans la
clandestinité en 2001. Partant du fait que les mauritaniens ne se connaissent
pas, et que des murs épais qui alimentent la peur, la méfiance, la haine, la
division sont dressés entre eux, il faut les briser pour inciter à la
rencontre, à la concertation et au dialogue. Notre devoir est de nous
rapprocher, de nous unir et non diviser, de nous entre aimer et non nous haïr, de
réfléchir sur nos problèmes, les résoudre ensemble afin de transformer les
divergences en convergences. Il faut dépassionner la question nationale, la
résoudre scientifiquement en tenant compte de notre spécificité nationale et
continentale. La Mauritanie est un état biracial et multiethnique, située à la
lisière du monde arabe et de l’Afrique noire. Cette réalité doit être reconnue
constitutionnelleme nt et pleinement assumée. Y privilégier une race ou une
nationalité quelconque, c’est créer un déséquilibre préjudiciable. Or tel n’est
pas le cas jusqu’ici chez nous. Ce manque criant de justice et d’égalité, cette
chosification de l’individu par la pratique ignoble de l’esclavage et autres
nous incitèrent de changer de tactique et de stratégie afin de mieux faire
comprendre la cause commune que nous défendons, qui consiste à reconstruire une
autre Mauritanie où les droits de chacun et de chacune seront respectés. Seule
la lutte paie, et la liberté a un prix qu’il faut payer par tous les moyens.
Ainsi donc DEKAALEM s’est mit à l’œuvre, a tracé sa voie, et a fait entendre sa
voix en Europe, en
Amérique et en Afrique. Nous avons largement contribué en Europe au
rassemblement de nos forces politiques et celles des Droits de l’Homme. Nous
n’avons ménagé aucun effort avec des patriotes déterminés à taillader la
« taayanie » et, triquer « l’Aziztanie », formes exécrables
de despotisme en Mauritanie.
3.
Brève analyse de la situation politique actuelle
Nous vivons dans une situation
effervescente où un Don quichotte galonné s’est emparé du pouvoir contre un
président démocratiquement élu, en usant des arguments spéciaux et de l’achat
des consciences pour se maintenir. La résistance interne, externe et le veto de
la communauté internationale ont paralysé le pouvoir despotique de la junte. Le
populisme du Général s’est émoussé, et ses promesses effritées. Le
tripatouillage de la constitution et ses manœuvres donjuanesques n’ont pas eu
la mortée escomptée. L’état s’est ankylosé. Les contradictions se multiplient.
Le pays est divisé et isolé. La faim se propage, le pouvoir d’achat s’amenuise,
le chômage étouffe la jeunesse, la violence grimpe, la morale dégringole, et le
dialogue est oblitéré. Ce blocage étouffant et ahurissant risque de conduire à des remous imprévisibles.
Le pays a deux présidents dont l’un est
légal et l’autre « prohibé ». Que faire pour sortir de cette
situation étant donné que les deux camps n’ont adhéré à aucune proposition
consensuelle ?
A mon avis, nous devons faire échoué le
putsch par notre patience, notre mobilisation continue, et attirer vers nous
toutes les forces démocratiques, accentuer la lutte, changer notre tactique et
notre stratégie, impliquer d’avantage les mouvements des élèves, des étudiants,
des femmes, des travailleurs, des marabouts, des O.N.G. , des associations
villageoises, des artistes etc.
Le FNDD est actuellement l’unique
levier et la rampe de nos luttes libératrices. Il doit organiser toutes ces
formations pour le renversement du régime.
Nous y parviendrons comme le peuple
malien, ivoirien, indonésien, pakistanais, turc, chilien, portugais, grec etc..
4. Pensez-vous que
la junte au pouvoir résoudra définitivement le problème du passif
humanitaire ?
Plusieurs
membres de cette junte ont fait partie de l’équipe génocidaire de O/ Taya,
c’est pourquoi ils ne pourront jamais résoudre cette question qui les gêne,
qu’ils veulent escamoter par le mensonge, les promesses, ou s’agripper au
pouvoir indéfiniment afin de la noyer. Mais, tôt ou tard, s’ils évitent de la
solutionner, ils se retrouveront au Tribunal Pénal International comme tous
ceux qui ont commis des crimes contre l’humanité. Quand le président a décidé
de s’en occuper, ils l’ont renversé.
Par passif humanitaire nous
entendons :
o La désignation
d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur tous les crimes commis par
le régime de Taya – Aziz depuis 1986 à nos jours.
o Le jugement de
tous les coupables et l’indemnisation de toutes les victimes.
o La reprise dans
leurs fonctions de tous les fonctionnaires ou autres travailleurs licenciés
pour des faits politiques, et le paiement intégral de leurs salaires.
o La restitution à
leurs propriétaires de toutes les terres de cultures, bétails et d’autres biens
arbitrairement spoliés.
Aucun pardon
n’est possible avant la réparation de ces injustices et le jugement des
coupables.
5.
Quelle relation entretenez-vous avec les FLAM pas (FLAM
Rénovation) puisque, selon certaines rumeurs, on dit que vous êtes membre fondateur ?
Mes relations
avec FLAM authentique dont le vaillant Samba Thiam est le président, sont
excellentes. Actuellement, nous sommes des organisations complémentaires. Nous
nous battons pour la question nationale, et soutenons le retour de Sidi. J’ai
été avec beaucoup de plaisir plus qu’un membre fondateur, mais un père
spirituel, même si cela peut offusquer quelques individus c’est une réalité que
je ne fuis pas mais que j’assume. J’ai beaucoup aidé à la demande des
étudiants pour la réunification des chapelles politiques des mélanodermes qui
fustigeaient le racisme, l’esclavage et l’exclusion. Il y’a eu de fortes
résistances, comme j’étais le point de jonction qui avait une relations avec
ces cadres et étudiants, Dieu a aidé à les rassembler. J’étais un étudiant qui
faisait la navette entre l’URSS, l’Europe de l’Ouest, chaque fois que je
revenais en Mauritanie, ils profitaient tous de mes conférences. Je suis l’un
des principaux théoriciens de la question nationale en Mauritanie. J’ai formé
dans ce domaine beaucoup de cadres et d’étudiants. Seulement, je n’avais pas
assisté au congrès fondateur de FLAM. J’étais en France où nous avions un parti
clandestin appelé l’Union Démocratique des Nationalités (U.D.N) que nous
pensions transformer en section des FLAM. Malheureusement, par la maladresse de
quelques amis, qui ont failli à leur mission de nous informer à temps, j’ai
évité organsationnellemen t d’y adhérer, mais son combat a toujours été
le mien.
Notre séjour en Europe et aux USA a
permis de souder nos rangs à tel point que nous avons l’impression de croire
que nous sommes des organisations jumelles bien que FLAM soit plus vieille que
DEKAALEM, et souhaitons que cette collaboration soit accrescente. Je remercie
le Docteur Aboubakri Ndongo pour y avoir contribuer.
6.
Pensez-vous que le FNDD sortira vainqueur de ce combat
politique ?
Seul Dieu le sait, mais, je le souhaite. C’est bien possible de
renverser ces nérons du désert,
ce
sont des chameaux aux pattes d’argile.
Je veux dire comme les marxistes que la
situation révolutionnaire est mûre en Mauritanie. Elle peut être pacifique ou
non. Cette situation révolutionnaire, c’est-à-dire facteur d’un changement
inéluctable exige trois conditions.
1. Un
mécontentement populaire.
2. Un désir profond
de changement.
3. Une formation
politique audacieuse déterminée à conduire et à gérer ce changement.
Or, ces trois
conditions sont déjà remplies. Le FNDD est le catalyseur, en dépit des
mouvements de systoles et de diastoles qu’il subit, il peut vaincre ses
adversaires..
Sa résistance
opiniâtre et ses luttes épiques ont embourbé la junte qui a utilisé tous les
moyens pour l’écraser, mais, comme le roseau, il continue de flotter au dessus
des vagues. L’armée sur laquelle s’appuie le Général n’est pas homogène. Des
contradictions couvent en son sein. La violence appelle la violence.
La peur a changé de camp. Elle n’est
plus du côté de ceux qui résistent. L’embargo dérange les nantis, les
ressources tarissent, les difficultés s’accroissent de jour en jour.
C’est le marasme qui s’installe. Tout peut arriver d’un jour à l’autre. Les
murs du régime sont lézardés, notre lutte appuyée par l’embargo le fera
crouler.
Le régime du Général est à son
crépuscule. Faute de s’aménager une sortie honorable, le FNDD lui arrachera le
pouvoir et gérera autrement le pays.
7.
L’enseignement des langues nationales pourra-t-il contribuer au
renforcement de l’unité nationale ?
C’est l’un des
éléments cardinaux qui permet aux mélanodermes de ce pays aliénés et
marginalisés de se réconcilier avec leur culture, leur histoire et de
promouvoir leur identité.
Refuser à un
homme d’apprendre sa langue, c’est l’abêtir. C’est un crime contre l’humanité.
Officialiser et enseigner toutes nos langues,
en faire des langues de travail et de gouvernement, leur donner le même statut
à la radio et à la télévision, c’est faire œuvre de justice et encourager
l’unité nationale..
La constitution mauritanienne est
injuste. Elle privilégie en son article 6 une seule langue au détriment des
autres.
DEKAALEM ne défend pas le français
contre l’arabe, mais l’enseignement de toutes nos langues nationales y compris
le Hassaniya qui est officiel au Sénégal mais écrabouillé en Mauritanie. C’est
une variété dialectale de l’arabe, comme d’autres variétés dont le Berbère au
Maghreb et d’autres variétés au Proche Orient et en Extrême Orient qu’il faut
promouvoir et non liquider. Bourguiba et le roi Hassan II ont été les plus
grands clairvoyants dirigeants arabes qui ont protégé leurs variétés
dialectales face à l’arabe classique, académique. Dans leurs rencontres avec
les présidents arabes, ils utilisaient l’arabe classique, mais leurs contacts
avec leurs masses se faisaient avec l’arabe non académique. La pluralité
linguistique est un facteur de richesse et non de pauvreté culturelle. Liquider
une langue c’est tuer le peuple qui la parle.
Ce qui unit les citoyens d’un pays
quelconque, ce n’est pas imposer une langue, mais favoriser entre eux la
justice et l’égalité, promouvoir toutes les langues et favoriser l’ouverture de
chaque citoyen à la langue de son voisin et aux langues étrangères,
c'est-à-dire stimuler un emprunt réciproque ou un métissage culturel. Les
langues dominantes peuvent périr et les langues dominées se substituer à leur
place. C’est la loi de la dialectique. Rappelons nous du « Lazère »
mauritanien, du latin, du grec, de l’égyptien ancien mère de toutes les langues
africaines etc. Nos langues qui co-existent depuis des centaines d’années se sont
enrichies mutuellement. C’est un héritage qu’il faut préserver et non détruire.
Il est regrettable de constater que beaucoup de nos intellectuels et décideurs
politiques ne maîtrisent pas nos langues nationales et n’ont aucune idée des
progrès inouïs accomplis dans ce domaine bien avant la création de l’Institut
des Langues Nationales.
Des dictionnaires, des manuels
pédagogiques, des livres scientifiques existent en Pulaar, en Ouolof et en
Soninké.
Il faut rappeler les travaux accomplis
par (L’INALCO) section de la Sorbonne de France, de l’académie des sciences
sociales de l’ex URSS, de l’université de Harward des USA, des associations
internationales du Pulaar de l’Europe, des pays Arabes, des associations du
Pulaar, du Ouolof et du Soninké de Mauritanie, du Sénégal et l’Institut des
Langues Nationales de Mauritanie etc.
Faut-il rappeler que j’ai traduit le
Coran, la chimie classe de première, les œuvres de Cheikh Anta Diop notamment
Nations Nègres et Culture en Pulaar. J’ai aussi traduit les théories marxistes
et la question nationale de Aarieh Yaari en Pulaar. J’ai écrit plusieurs livres
dans cette langue dont le dernier est intitulé : « Holno
Allah anndortoo to bannge ganndal» ? La recherche scientifique nous
permet-elle d’accéder à la connaissance de Dieu ? Je fais parti des
pionniers du développement du Pulaar à l’échelle mondiale.
Toutes les conditions existent pour
l’enseignement de nos langues nationales, don de Dieu, de l’école primaire à
l’université. Il n’y a que la volonté de l’état qui confond islamité et arabité
qui s’y oppose. L’arabité et la « haalwolsoninkité » (Haalpulaar,
Wolof, Soninké) loin de s’exclure se complètent.
Certes beaucoup de partis soutiennent
l’enseignement des langues nationales. Mais, actuellement seul DEKAALEM, ici et
en Europe, s’investit dans l’alphabétisation en langues nationales afin de
faire reculer les bornes de l’ignorance, d’élever la conscience politique
citoyenne, démocratique et la foi de ses militants.
La traduction des sciences en langues
nationales et plus particulièrement le Coran, Sciences des sciences sera un
raccourci et une rampe pour le développement. Nos masses qui sont aujourd’hui à
l’avant-garde de ce combat en feront un instrument efficace de la maîtrise de
leur destin. Les langues sont au commencement, au centre et à la fin de tout
progrès. Nous demeurons convaincus que, la création de l’académie des langues
nationales en Mauritanie, comme celle du Sénégal comblerait une grande lacune,
et serait un exemple pour les pays qui souffrent de ce handicap..
Docteur Mourtoudo DIOP
Président DEKAALEM/RDN et
de l’Association Internationale du Pulaar (AIP)
|