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Boubacar Ould
Messaoud, président de SOS Esclaves:
«Les
jours de l'esclavage et des pratiques esclavagistes sont comptés»
Au Niger comme en Mauritanie, l’esclavage est un crime. Les lois
criminalisant ce phénomène datent des années 60 pour ce qui concerne la
République du Niger. En 1981, en Mauritanie, une loi abolissant
l’esclavage avait été votée sans connaître trop de succès.
Pour corriger les imperfections de cette loi, les députés ont encore voté en
2007 un texte qui vient renforcer cette criminalisation. Nous avons voulu avoir
l’avis du président d’une association qui vient en aide aux victimes de
l’esclavage à propos de la condamnation du Niger par une cour
supranationale.
La cour de justice de la CDEAO vient de prendre une décision condamnant le
Niger à verser 10 millions de FCFA à une citoyenne victime d’esclavage. Que
vous inspire cette décision ?
Cette décision est une nouvelle
victoire remportée sur plus de cinquante ans de dénis de l'esclavage et contre
ceux, autorités publiques ou autres esclavagistes inavoués qui continuent de le
nier. C'est une autre preuve que la pratique de l'esclavage n’est pas un
phénomène banal dans certains pays et justifie pleinement la création en 2007
de notre Réseau de Lutte Contre l’Esclavage en Afrique de l'Ouest, regroupant
des organisations mauritaniennes, nigériennes et maliennes. J’en éprouve une
profonde satisfaction.
Une pareille décision
est-elle envisageable au sein de l’UMA dont fait partie la Mauritanie?
En Mauritanie jusqu'ici, la justice n'a jamais fait suite aux plaintes des
victimes de l'esclavage, nous avons le cas des enfants de Tarba, le cas de
Barakatou et bien d'autres.
La loi 2007
est venue renforcer davantage la criminalisation de l’esclavage. Quelles sont
les avancées qu’a permises cette loi ?
On n'est bien tenté de dire que La loi de 2007 n'a permis aucune avancée car
ceux-la mêmes qui sont chargés de l'appliquer, policiers, gendarmes, magistrats
et/ou ministres refusent de reconnaître les pratiques esclavagistes qui leur
sont soumis. Cependant, il faut souligner que les victimes prennent de plus en
plus conscience de leurs droits. La loi y est certes pour quelque chose. Aussi
les jours de l'esclavage et des pratiques esclavagistes sont maintenant
comptés.
Propos recueillis par MOD
Le 04 /11/08
Source
: Le Quotidien de
Nouakchott
Tiré de www.cridem.org
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