A.H.M.E.

INTERVIEW 12:

 

Interview de Birane ould Dah ould Abeid (juillet 2007)

 

 

24 juillet 2007 : Birane Ould Dah Ould Abeid

Birane Ould Dah Ould Abeid est militant anti-esclavagiste et membre de SOS Esclaves. Pendant la dernière campagne pour l’élection présidentielle, il était le porte-parole du candidat Zein Ould Zeidane.

« Je pense que les élus tiendront compte de nos observations »

Nouakchott Info : Pensez-vous que les parlementaires vont s’approprier les amendements au projet de loi portant incrimination et répression de l’esclavage proposés par SOS Esclaves ?

    Birane Ould Dah Ould Abeid : L’esclavage dans notre pays mine notre unité à l’intérieur et nous déshonore à l’extérieur. Cette pratique fait peser de menaces graves sur la paix civile et représente un handicap de taille pour le développement. C’est pourquoi, le projet de loi portant criminalisation et répression des pratiques esclavagistes doit représenter une réponse adéquate. Nous positivons et nous soulignons l’avancée non négligeable qui est à mettre à l’actif de la coalition au pouvoir.

    Cette avancée a sorti l’Etat mauritanien de son enlisement dans une bataille sémantique et terminologique contre un mouvement abolitionniste. Ce mouvement qui s’en sort avec davantage de crédibilité à l’intérieur et à l’extérieur. Néanmoins, les lacunes de taille que comporte le projet de loi doivent interpeller tous les mauritaniens. Cette loi indispensable à la concorde, à l’harmonie et au développement ne doit pas connaître le sort de celles d’avant. Autrement, nous ne sortirons pas de l’auberge des divisions et du déshonneur.

    Esclave, épaulé par de larges franges de la société civile et de la classe politique, a mené une campagne de sensibilisation auprès des autorités et des élus. Cette campagne, largement relayée par les médias nationaux et internationaux montre la pertinence des amendements apportés au projet de loi par notre organisation. La prise en compte de ces amendements permettra à la Mauritanie de prendre le chemin de la rupture avec des pratiques inhumaines et dégradantes. C’est pourquoi, je suis optimiste. Je pense que les états major politiques des groupes parlementaires et les élus prendront en compte nos observations.

NI : Vous avez été porte parole du candidat Zeine Ould Zeidane pendant la campagne pour la présidentielle. Il est premier ministre. Vous n’avez pas été nommé. Qu’est-ce qui s’est passé ?

    BODA : Mon adhésion à la candidature de Zein Ould Zeidane à la présidence de la République relevait de mon souci de faire la jonction entre le mouvement moderniste et jeune qui soutenait Ould Zeidane et le mouvement abolitionniste dont je suis un pur produit. Il est indéniable que le programme du candidat que j’ai soutenu était le plus abolitionniste après celui du président Messaoud Ould Boulkheir qui, lui, est le chantre incontesté de la lutte contre l’esclavage et toutes les autres formes d’injustice dans notre pays.

    Je voudrai préciser que mon adhésion à la candidature de Zein Ould Zeidane n’était assortie
    d’aucune condition de nomination ou de «
     casage ». Ma motivation état d’ordre politique et idéologique. Je peux citer à titre d’exemple les engagements pris dans le sens de la refonte de l’Etat et du règlement des grandes questions pendantes : le passif humanitaire, les déportés, l’esclavage, les relations avec Israël, le dossier des présumés salafistes…

 

Propos recueillis par Kh Diagana

 Source : Nouakchott Info

 

  

 

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