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Communiqué
de SOS – ESCLAVES
S O S
– Esclaves
Jusqu’où
certaines autorités vont aller pour accréditer, ce mensonge
grotesque et criminel : « l’esclavage n’existe pas en Mauritanie
» ? Encore une fois, la machine de répression barbare du Régime
s’acharne contre des militants de droits humains, anti
esclavagistes. Les faits nous ont été rapporté comme suit : Le
11 janvier 2012, une mission de IRA composée de Lehbouss Ould Oumar,
commerçant, d’Ely Ould Rava, professeur vacataire à l’université,
d’El Mehdi Ould Lemrabott, journaliste et d’Abdallahi Abou Diop,
photographe s’est rendu à Ain Farba, arrondissement de la
Moughataa de Tintane, dans la wilaya du Hodh Gharbi, dans le cadre
d’une affaire d’esclavage qui porterait sur quatre mineurs d’une
même famille : Taleb Jiddou ( 16ans), Mohamed El Moktar ( 14 ans
), Cheikh Omar ( 12 ) et Ainna, une fillette de 10 ans. Opérant
en toute transparence et légalité, la mission a saisi le commandant
de brigade d’Ain Farba, l’adjudant de gendarmerie Boubout Dieng.
Ce dernier a demandé avec insistance aux membres de la mission de le
laisser seul faire les investigations au niveau du village
d’Aghaghar, où résident les présumés coupables de pratiques
esclavagistes et leur a promis de suivre les procédures et les
dispositions prévues par la loi dans le cas d’espèce. Après une
journée passée seul au village, loin de toute assistance des droits
de l’homme aux victimes, l’adjudant rabroue le plaignant, Mohamed
Lemine, l’intimide et le menace de poursuites pour profération de
propos mensongers, ingratitude et diffamation à l’encontre de ses
pseudo bienfaiteurs. Une méthode conforme aux pratiques des
autorités administratives, sécuritaires et judiciaires, qui
consiste à prendre toujours le parti des maîtres, tout en
manipulant l’information, en terrorisant et intimidant les
victimes, pour enfin procéder à des habillages et qualifications
dont le but est de détourner et de camoufler des cas souvent avérés
d’esclavage, comme pour appliquer une consigne immuable : « quand
c’est possible ne pas accepter que l’esclavage persiste encore
dans le pays ». Exactement comme ce qui s’est passé dans
l’affaire de Yagref en Adrar, s’agissant de Moulkheir Mint Yarba
esclave des Ehel Boulemsak en 2007 lorsque des scénarii de tous
ordres ont été montés pour démentir le représentant de
SOS-Esclaves dans commission officielle de sensibilisation sur la loi
incriminant l’esclavage. De retour à Ain Farba, le commandant
de brigade sous prétexte d’avoir reçu des instructions, arrête
les défenseurs des droits humains de l’IRA, leur passe les
menottes et les met en garde à vue, en les accusant d’avoir voulu
attaquer la brigade renforcée d’Ain Farba. Ils ont été
transférés enfin de compte à Aïoun. Face à cette situation de
provocation et d’injustice, SOS- ESCLAVES : 1. s’insurge
contre les pratiques anti démocratiques, qui consistent à empêcher
des défenseurs de droits humains d’assister des victimes
d’esclavage, pour éviter la manipulation, la complicité et
l’intimidation ; 2. considérant que les organisations des
droits de l’homme doivent obligatoirement accompagner et assister
les victimes qui se plaignent car elles ne sont pas en situation
d’égalité avec ceux qu’elles accusent, exprime sa solidarité
agissante, pleine et entière avec la démarche de l’IRA ; 3.
condamne avec énergie cette pratique continue des autorités de
manipuler et d’intimider les victimes de pratiques esclavagistes,
chaque fois qu’un nouveau cas est dénoncé, afin d’extraire les
bourreaux à la loi ; 4. exige une enquête sérieuse à laquelle
prendront part des organisations des droits humains pour faire toute
la lumière sur cette sur cette affaire et situer la responsabilité
des uns et des autres. 5. exige la libération immédiate et sans
condition des militants de l’IRA, organisation des droits humains.
Nouakchott
le 15 janvier 2012 Pour le Bureau Exécutif le Président Boubacar
Messaoud
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