|
Cas
d’esclavage à Ain Farba: « Mes enfants étaient bien des esclaves
d’Ehel Khanvour à Agharghar » dixit Mbarek, père des huit
présumés esclaves.
LE
CALAME: Dans une déclaration aux défenseurs des droits de l’homme,
notamment Boubacar Messaoud, président de SOS-Esclaves et Aminetou
Mint El Moktar, présidente de l’Association des Femmes Chefs de
Familles (l’AFCF) Mbarek, le père des neuf enfants esclaves dans
l’affaire Ain Farba, rencontré à Aioun, a reconnu sans détours
que ses enfants (quatre garçons : Mohamed Lemine, Taleb Jiddou,
Mohamed El Moktar, Cheikh Oumar et quatre filles : Zeinebou , Ainna,
Lveive, Aichatta ) sont bel et bien des esclaves comme leur mère
Salka Mint Elemine de Lettou Mint Gardi Ould Taleb Ely dont le mari
Mohamed Nouh Ould Khanvour est conseiller municipal dans la commune
d’Ain Farba. Le père des enfants a déclaré aussi que les maîtres
leur infligeaient, parfois devant lui, toute sorte de mauvais
traitements. Aussi, Mbarek a rappelé qu’il a épousé Salka après
avoir souscrit à la condition des maîtres de celle-ci, qu’elle ne
rejoigne pas le domicile conjugal.
La mère des enfants Salka
est devenue malade mentale à cause de leur séparation suscitée par
les colportages et fausses informations. Pour les responsables des
droits humains, cette histoire révèle bien un cas d’esclavage
avéré pour au moins les quatre caractéristiques suivantes :
-
Salka a été mariée à Mbarek par ses maîtres sur la base de
conditions auxquelles il a souscrit dont principalement l’exigence
de rester auprès d’eux dans le village d’Agharghar.
- Sa
fille Zeinebou s’est mariée sans son consentement. Son tuteur est
Mohamed Nouh Ould Khanvour, l’époux de Lettou Mint Gardi Ould
Taleb Ely, la maîtresse de sa maman Salka. Son père ne connaît
même pas le montant de sa dot.
- Salka, sa femme habitait
dans un taudis à côté de ses maitres pour qui, elle travaillait
sans contrepartie et ses enfants servaient à toutes autres
occupations comme bergers, domestiques.
- Tentative de
Mohamed Nouh Ould Khanvour de convaincre Mbarek de lui donner une
procuration attestant que ses enfants ne sont à sa charge que pour
leurs bienfaits en contrepartie d’un montant de 150.000 UM et
d’aller avec lui le déclarer officiellement au Wali et de
dessaisir son fils ainé Mohamed Lemine qui a porté l’affaire
devant les tribunaux de cette question. Mbarek a porté plainte pour
l’exploitation de ses enfants et de sa femme.
Les
ambassadeurs de l'U.E rencontrent les défenseurs des Droits de
l'Homme mauritaniens
Les ambassadeurs de l'Union
Européenne rencontrent les défenseurs des droits de l'homme
mauritaniens L'Ambassadeur-Chef de Délégation de l'UE, SEM
Hans-Georg GERSTENLAUER et les ambassadeurs d' Allemagne (SEM Dietmar
BLAAS), d'Espagne (SEM Alonso DEZCALLAR Y MAZARREDO) et de France
(Michel VANDEPOORTER) se sont entretenus ce 18 mai, avec les
principaux représentants des organisations de défense des droits de
l'Homme (DDH) afin d'avoir un échange de vues franc et approfondi
sur les principales questions inhérentes aux droits fondamentaux en
République Islamique de Mauritanie. Cette rencontre s'est
inscrite dans le cadre des réunions régulières entre l'UE et les
DDH mauritaniens. Les participants à cette réunion ont traité des
principales questions qui préoccupent la société civile et les
représentants des DDH, à savoir : • La situation des DDH
en Mauritanie • Les pratiques de l'esclavage et ses séquelles.
• L'adoption d'un cadre légal moderne et équilibré sur la
société civile De la part des DDH, étaient présents:Maître
Fatima M'Baye / AMDH (Association Mauritanienne des Droits de
l'Homme) ;Mme Aminetou Mint El Moctar / AFCF (Association des Femmes
Chefs de Famille) ;M. Mamadou Moctar Sarr / FONADH (Forum National
des ONGs Mauritaniennes des Droits de l'Homme et des peuples) ;M.
Biram Ould Abeid / IRA (Initiative pour la Résurgence du Mouvement
Abolitionniste en Mauritanie ;Mme Salimata LAM / SOS Esclaves etMme
Lalla Aïcha SY / CSVVDH (Comité de Solidarité avec les Victimes
des Violations des Droits Humains)
Le calame
Plus
de tabou.
Mercredi soir, la TVM
a organisé un débat sur l’esclavage. Une émission inédite, car
le sujet était encore jusqu’à récemment encore un grand tabou.
Personne ne pouvait en parler. Juste une polémique entre ceux qui
disent que le phénomène n’est visible qu’à travers des
séquelles et ceux qui défendent sa persistance en séquelles très
abjectes.
Autour de la table, deux éminentes personnalités
de la lutte des droits humains, Le président de SOS
Esclaves, Boubakar Messoud et
l’activiste Aminetou Mint Ely,
le président de la commission nationale
des droits de l’homme, Koita
Bâ Mariam, le député Sidi
Mohamed Ould Maham et un professeur de
l’université.
Pendant deux heures d’horloge, les
invités, naturellement d’obédience différente ont amplement
discuté de la question.
Le journaliste
animateur, Sidi Ould Nemine,
gestion très passable des débats, gagnerait à distinguer entre la
direction d’un aussi important débat sur le plateau d’une
télévision publique et les petites polémiques de salon où
certaines maladresses langagières et peu innocentes sont permises.
Source :Le
Calame (Mauritanie)
|