A.H.M.E.

ARTICLE 79 :

 

En Mauritanie, on décore les esclavagistes

 

 

    Honteuse décoration : La prime des basses œuvres

    Le vendredi 28 décembre 2007, une mission de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), composée de trois de ses membres : Maître Mohamed Ould Isselmou Ould Dahane, de Alioune Ould Issa et de Sidi Mohamed Ould Boidy, ramenaient à Nouakchott les deux enfants de « Hana » (Bilal et Salem, 8 et 5 ans), qui étaient séquestrés par leurs maîtres Ehel El Houssein, dans la localité de Lemteyine, département de R’Kiz à 207 kilomètres au sud de Nouakchott.
     
    Ces enfants restés avec leurs bourreaux après la fuite de leur maman,
    Hana mint Salem, âgée
    d’environ 35 ans, ne sachant ni lire ni écrire, n’ayant aucune pièce d’état civil, et ayant travaillé depuis sa tendre enfance pour ses maîtres, ceci sans aucune rémunération.

     

    La cause immédiate de la fuite de Hana fut la décision de son maître Yehdhih Ould El Houssein qui consistait à l’empêcher de suivre son mari Isselmou Ould Ahmed Deidi, qui avait émis le vœu de quitter Lemteyine en vue de s’installer dans sa localité d’origine, à savoir, M’Bidane, dans la région du Brakna.

     

    Dans le droit fil de cette affaire, Hana subit à plusieurs reprises des châtiments corporels de son maître Yehdhih Ould El Houssein, de son frère Bilal, esclave affranchi, de ses maîtresses, Aminetou mint Mohsen, dite Boytata, et de Khadijetou mint Ahmed Salem. A noter que ces sévices étaient synonymes de représailles contre une esclave téméraire, qui se solidarisa avec son mari chassé et menacé de mort. Ce dernier fut ainsi traqué pour avoir simplement voulu disposer de manière libre et indépendante de sa vie conjugale avec son épouse.

     

    Au vu de ces éléments, je ne saurais être qu’interpellé par la décoration du Hakem (Préfet) de R’Kiz, Aboubekrine Ould Khourou, décernée par les représentants de la République, tout en sachant que ce dernier a été la cheville ouvrière d’une tentative vaine et zélée de débouter Hana, de couvrir les criminels et de dénaturer le cas d’esclavage avéré dont elle et ses enfants ont été victimes, en le qualifiant de faux.

     

    Que pouvons-nous comprendre à la récompense des administrateurs-aboyeurs qui se dressent devant les tentes et domaines des esclavagistes afin de les protéger ! Ils concourent à la perpétuation de ces crimes odieux d’un autre temps.

    Comment peut-on nous expliquer, nous justifier, à ce moment précis de notre histoire, la décoration et les honneurs de la République à ces gardes-chiourme de l’esclavagisme, qui contribuent au développement d’une culture de la valeur mercantile de l’homme assise sur des féodalités temporelles, religieuses et terriennes. Ils narguent l’Etat de droit et la démocratie de notre pays.

     

    Biram  Ould Dah Ould Abeid

     

     

    Nous sommes déçus qu’a contrario d’appliquer la loi sur l’incrimination de l’esclavage et des pratiques esclavagistes, (qui prévoit par ailleurs une sanction exemplaire pour les autorités administratives et sécuritaires contrevenant à l’application de la loi), le pouvoir exécutif, dominé par des segments tribaux esclavagistes réactionnaires, préfère miser sur des fonctionnaires soumis et négationnistes.

     

    Mais, nous promettons à tous, femmes, enfants et hommes, dans les centres urbains ou en milieu rural, que la victoire remportée au Parlement contre ce crime qu’est l’esclavage servira afin que le pouvoir exécutif et judiciaire, jusqu’alors à la traîne, applique tout simplement la loi.

     

    Le 8 janvier 2008

     

    Biram Ould Dah Ould Abeid


    Source : labd2007

    Tiré de www.cridem.org

 

 

 

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