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Les
édito de Ould Oumère.
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La Tribune n°°274 n du 03/10/05 au 10/10/05
Notre
journal a été retenu plus de 24 heures par les services du ministère de
l’intérieur. Comme au ‘bon vieux temps’, les censeurs ont cherché à occulter la
vérité, a censurer l’opinion. Le nouveau pouvoir n’a rien changé aux vieux
réflexes. Pour une raison simple : le ministre qui est la seule
‘nouveauté’ dans ce département ne peut rien apporter en termes d’améliorations
dans le respect de la loi. Nous ne demandons rien de plus ! Que le
ministère respecte les termes de la loi : qu’on nous remette un récépissé
de dépôt légal au moment où nous effectuons ce dépôt. Ce n’est pas diable. Et
si le ministre ‘nouveau’ de l’intérieur ne peut pas comprendre cela, on peut se
demander quelles compétences il a pour comprendre le reste. Le reste, c’est la
réforme de l’administration et sa modernisation, la conduite de la mise en
place des nouvelles normes en matière d’élections, de regroupements, de gestion
de la vie publique et d’exercices des libertés… Trop pour quelqu’un qui n’a
jamais occupé qu’un poste de préfet ou, une fois, celui de conseiller technique
(‘garage’). Il faut demander des comptes à celui qui l’a placé à ce poste.
C’est à peine si l’on ne revenait à cette époque où le département est confié à
un professeur de lycée. Mais l’intérieur n’est pas le seul ministère à
‘souffrir’ des choix peu judicieux et du poids du passé.
Le ministère de l’Equipement et le transport vient de changer toutes ses
directions sans que, visiblement, le ministre titulaire soit impliqué dans les
choix. Certains se sont vus promus doublement : en gagnant des postes et
des diplômes. Est-ce pour cacher l’impossibilité pour le gouvernement – et
au-delà, du CMJD – d’appliquer la politique de libéralisation dans le domaine
du transport ? Initialement prévue le 1er octobre, cette application a été
remise aux calendes grecques. Même sans Ould Taya, surtout sans lui, la FNT
reste puissante. Le Bureau national des transports (BNT) ne disparaîtra pas. Le
pays ne sera pas libéré du joug de la FNT. Le ministre, fut-il Ba Ibrahima
Demba, n’y peut rien. Mais un ministre qui ne peut appliquer la loi, doit
démissionner. Sinon dénoncer ceux qui lui refusent d’appliquer le droit et de
rendre justice. Sans la liquidation de la FNT et du BNT, ce pays restera sous
le joug de la corruption instituée et de la tyrannie aveugle. Tous les malheurs
du pays sont à soigner à partir de là. C’est le grand test pour le nouveau
pouvoir. Un deuxième grand test : la gestion de nos relations avec les partenaires
pétroliers. Le profit que la Mauritanie aurait dû tirer de cette manne a été
compromis par les négociateurs plus portés sur les dividendes placés dans des
comptes à l’étranger. Par certains aspects, la ressource a été bradée. Est-ce
pour cela qu’il faille remettre en cause les engagements de la
Mauritanie ? Risquée pour le nouveau pouvoir et pour le pays. Le
gouvernement doit trouver un juste équilibre : récupérer une partie du
pactole (4-10 milliards dollars) sans brusquer les compagnies. Sinon récupérer
le manque à gagner en amenant les anciens responsables à répondre de leurs
actes (restituer les commissions qui se chiffrent en millions de dollars). Les
négociations qui se déroulent en marge du forum pétrolier en Afrique du Sud,
entre Woodside et la Mauritanie, ces négociations seront déterminantes pour
l’avenir du pays et du nouveau pouvoir.
L’éducation qui est une urgence en matière de redressement a été négligée.
Considérablement. Alors que l’on axe sur le bilinguisme, les deux ministres choisis
sont monolingues (Arabe). Heureusement qu’il y a leurs secrétaires généraux
pour pallier aux insuffisances. Malgré les conditions difficiles – effets de
l’hivernage, choléra…- on s’entête à vouloir ouvrir le 3 octobre. Réflexe d’un
passé décrié où l’essentiel est de faire semblant.
Dans le secteur de la santé on continue d’occulter cette épidémie de choléra et
on préfère parler de ‘diarrhées aigues’. Le ministre n’inspire point confiance.
Les hôpitaux continuent d’être des mouroirs.
Avec la création d’une nouvelle structure de contrôle, on alourdit le contrôle
et on compromet l’option bonne gestion noyée dans cette vague terminologie de
‘la bonne gouvernance’ qui a absorbé tant de fonds sans donner de résultats
probants. Le déficit budgétaire ne peut être résorbé. La dernière sortie du PM
a perturbé l’économie sans éclairer sur les perspectives : va-t-on vers un
audit complet ? allons-nous demander des comptes aux gestionnaires du plan
d’urgence (17 milliards en 2003) ? à ceux des projets pillés ? aux armateurs ?
aux responsables du trésor ces dernières décennies ? à ceux du
budget ? aux comptables ? aux directeurs de la douane, des
établissements publics, des impôts, de la SNIM, aux commandants de corps
(gendarmerie, garde, armée) ? ou craint-on des ‘dommages collatéraux’ –
pour ne pas dire ‘éclaboussures’ ou ‘effet boomerang’ - en envisageant
cela ?
Tout cela n’est pas clair et c’est grave. Le pays a trop souffert
l’irresponsabilité de ses fils. C’est sans doute ce qui a poussé l’élite de
l’Armée à faire le hangement. Nous lui en sommes reconnaissants. Mais ces
vaillants officiers doivent choisir : exercer le pouvoir ou s’en éloigner
complètement. La responsabilité ne se partage pas. Il est aujourd’hui de
notoriété que certains de ces officiers sont devenus une sorte de ‘boîte
postale’ où s’entassent les C-V des demandeurs de nominations. C’est grave. Le
trafic d’influence qui a détruit l’administration par le passé, commence ici.
Ce qu’il faut pour le CMJD, c’est peut-être de sortir de ce créneau-là, de se
retirer peu à peu de la vie publique en laissant seulement son président avec
pour mission de rétablir la justice et de reprendre le processus démocratique.
Nous n’en serons que plus reconnaissants à nos braves officiers du CMJD.
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