A.H.M.E.

ARTICLE 4:

 

ARTICLE D'EL ARBY OULD SALECK mai 2005

 

 

Article d’El Arby Ould Saleck

 

L'Islam et la démocratie ne font pas bon ménage

 

"Dans le combat contre les monstres, il faut faire attention à ne pas devenir un monstre soi-même ..»

 Nietzsche, le Gai Savoir

 

      Dans un monde qui oscille entre les forces du mensonge, de la corruption, et de la dictature dont

    le pouvoir de Taya en est l'illustration parfaite, et celles de la violence, il faut préserver la démocratie de

    l'hérésie religieuse dans ce quelle a de plus noble pour l'homme. Ce qui ressemble à l'Etat en

    Mauritanie du moins ce qui en existe est né de la dialectique entre la personne et les groupes

    ethnico-tribaux. En effet depuis quelques années les tenants d'un islam politique essayent d'investir la

    scène politique de notre pays et ils y arrivent tant bien que mal . Se faisant, ils tentent par tous les

    moyens de trouver une place sur l'échiquier politique allant même jusqu'à faire alliance avec le diable

    signe du mariage de la carpe et du lapin à défaut d'une domestication du message sacrée pour en

    faire l'alpha et l'oméga de leur discours. Le monde arabo-musulman en général et la Mauritanie en

    particulier doivent en partie imputer à l'Islam la décadence de ses dirigeants et de son peuple :

    j'accuse l'islam au nom duquel l'esclavage est justifié, des milliers de personnes ont été déportées, des

    citoyens exécutés, la ségrégation raciale  banalisée. Pour ce, sortir  le religieux du domaine public et

    limiter son influence sur le terrain de la politique doit être la première réforme que doit inclure  l'univers

    intellectuel de tous responsable. En ce sens que l'âme de chaque citoyen mauritanien ( à construire )

    doit rester libre dans le choix de sa conscience religieuse ! La place du Rabin ,de l'Imam, du Prête

    n'est pas dans un hémicycle, elle est dans une synagogue, dans une mosquée ou dans une église. A

    chaque fois que l'un ou l'autre s'invite sur la scène politique, c'est la limite intellectuelle des hommes

    politiques qui est en jeux. Avant qu'il ne soit trop tard, il est temps de mettre hors jeux politiques ces

    hommes qui, au nom d'une foi religieuse disputent l'espace public via des partis politiques et qui

    prétendent apporter des solutions à des inégalitésqu'une certaine soumission religieuse a d'ailleurs

    favorisé.

             Certes, la politique dans l'adversité est faite d'alliance contre nature, mais une alliance entre des

    démocrates réformateurs et des hommes guidées par la seule voie du seigneur est à mes yeux une

    tricherie et une tromperie vis-à-vis de notre peuple : les voies du seigneur sont insondables ! Une

    religion n'a qu'un parti, c'est celui de la foi . Ceux qui, au nom d'une religion investissent le champ

    politique sont à mes yeux des fossoyeurs du message divin et des usurpateurs. L'histoire, l'histoire

    politique de la Mauritanie récente démontre que ceux qui ont brandi à un moment donné une  pensée

    nationaliste , celle-ci avait un arrière goût d'une idéologie islamiste  de laquelle a surgi l'idéologie de

    l'exclusion. C'est dire, quelque soit la volonté qui peut paraître, la religiosité individuelle va toujours se

    refléter sur la scène politique quand son ou ses tenants vont exercer collectivement le pouvoir. A cet

    égard, je suistenté de poser une question lancinante : comment expliquer le fait que le monde

    arabo-musulman est de plus en plus réfractaire à la démocratie et au libéralisme politique ? Une autre

    question : comment expliquer voire justifier que la tyrannie soit la chose la mieux partagée par les

    despotes qui dirigent les pays de culture arabo-musulmane ? Sans être exhaustif, une dernière

    question : un projet de société fondé sur une idéologie islamiste peut-il offrir des réponses concrètes à

    notre peuple? Incontestablement non ! Déjà, notre peuple est fortement marqué par la culture de la

    domination et de la soumission. Notre salut dans l'au-delà n'est pas collectif, il est individuel !

    Aujourd'hui, pour ce qui nous concerne, nous pensons que dans chaque responsable ayant pour vertu

    une idéologie politique islamiste, sommeille un despote et un tyran. Le recours au religieux comme

    discours performatif en politique n'est en quelque sorte qu'une crise intellectuelle de ses tenants pour

    formuler des réponses à des questions pratiques : c'est bien connu la religion est toujours une valeur

    refuge. Les tenants de l'idéologie islamiste échoue sur les rives de la créativité des idées pour

    transformer la surface de la terre en havre de paix. Il nous reste à présent à décréter la mise hors jeux

    de la religion comme programme dans la conscience des hommes politiques en général et

    mauritaniens en particulier. Embrassons l'éthique démocratique et dans cette perspective nous serons

    les enfants de notre époque. Une autre démarche n'est à mon avis qu'une pure gesticulation sans

    lendemain.

 

 

El Arby Ould Saleck,

 

 

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