«90 000 enfants travaillent en Mauritanie»,
selon Mohamed Fayçal Ould Beyrouck de la Confédération Générale
des Travailleurs de Mauritanie (CGTM), citant une étude conjointe du
ministère de l’Emploi et de l’ UNICEF, lors de la célébration de la
journée mondiale contre le travail des enfants, que la CGTM a célébrée, le 12
juin dernier, à son siège.
La confédération plaçait cette journée, à l’instar de la confédération
syndicale internationale et de ses affiliées de par le monde, sous le thème de
«l’éducation : la bonne réponse au travail des enfants». La Mauritanie
enregistre, en pourcentage d’enfants travailleurs, le taux le plus bas des pays
de la sous région.
Cependant, indique Mohamed Fayçal, les pires formes d’exploitation des
enfants n’ont pas été décelées par cette étude, qui met simplement en évidence
le taux moyen d’activité dans les différentes régions. L’estimation, dans le
rural fleuve, porte à 19 %, le taux d’activité des enfants au sein de la
population active. Dans le rural-Est, le taux est de 11 %. Tandis que dans le
rural autre, il est de 7 %. Dans les centres urbains, il avoisine les 4 %.
En dépit de la
ratification, par la Mauritanie,
de deux conventions – la n°182 concernant
l’interdiction de pires formes de
travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination ; la N°138, sur l’âge minimum
d’admission à l’emploi – les enfants continuent à être utilisés comme main
d’œuvre dans différents types d’activités, tant dans les villes que dans les
campagnes.
Ils endurent parfois des sévices corporels et mentaux occasionnant des
souffrances quotidiennes, extrêmement préjudiciables à leur développement
individuel et au corps social dans son ensemble.Cette situation ne doit
plus, tonne la CGTM,
être acceptée, ni tolérée. Elle interpelle les pouvoirs publics pour une
parfaite application des conventions internationales ratifiées, en exigeant des
définitions claires et précises de la réglementation y afférant.
A l’occasion de cette cérémonie commémorative à laquelle prenaient part de
nombreux adhérents de la centrale, le secrétaire général de la CGTM, Abdallahi
Ould Mohamed, dit Nahah, a souligné combien la problématique du
travail des enfants en Afrique soulève
l’indignation. La Mauritanie,
a-t-il déclaré, n’est pas épargnée par ce phénomène et demeure sous la
menace de son extension, pour diverses raisons liées à la pauvreté et à la
déperdition scolaire.
Malheureusement beaucoup d’enfants sont déversés prématurément sur le marché de
l’emploi et cela comporte beaucoup de risques, s’est-il attristé.
L’assistance a, par la suite, suivi une communication de Mohamed
Fayçal Ould Beyrouck sur le phénomène des enfants travailleurs. Après un
rappel historique, il a évoqué les nombreuses conventions restreignant le
travail des enfants, les efforts contre leur traite, contre toute forme
d’exploitation et de violence à leur égard.
Ould Beyrouck s’est, particulièrement, ému de «la proportion prise
par la mendicité infantile en Mauritanie , surtout à Nouakchott,
où ce phénomène ne cesse de croître».Selon les statistiques, on compte plus
de 250 millions d’enfants travailleurs dans le monde, dont 60 % de filles, qui
n’ont ni droit à une enfance normale, ni possibilité d’accéder à un véritable
enseignement.De larges campagnes contre ce fléau ont été menées par les
syndicats et les groupements de défense du monde entier, campagnes qui ont eu
le mérite d’attirer l’attention de l’opinion internationale.
Au plan national, la CGTM
se met à l’avant-garde de cette lutte et œuvre au quotidien, par une
sensibilisation et une mobilisation constantes, indique un communiqué de son
secrétariat général, à contribuer à son éradication, sur la base des cinq
domaines principaux de la CSI
à savoir : éducation pour tous les enfants ; exploitation zéro ; sécurité
économique ; droits des enfants, droits des adultes et alliance mondiale contre
le travail des enfants.
Le 24/06/08
THIAM
source : Le Calame (Mauritanie)