TEMOIGNAGE 28:

 

A.H.M.E.

L'esclavage politique en Mauritanie

 

 

Expulsion de quelques familles haratine suite à la révélation de leur choix de vote

 

Ici habitaient quelques familles mauritaniennes





Quelques heures avant le début de élections, on retrouve sur la rue reliant la mairie du Ksar et l'Hospital Militaire un groupe d'hommes et de femmes, dont Monsieur "M", déçus et humiliés. Ces familles ont reçu leur avis d'expulsion sans délais hier soir, de la part d'une personne influante suite à leurs choix politiques.




Il était samedi 23 mars 2007, à 22 H, quand le propriétaire d'un terrain au Ksar annonce à huit familles de quitter le terrain, après avoir été convaincu qu'elles ne renonceront pas à leurs choix politiques lors des élections présidentielles de demain.
Monsieur "M", entrain de ranger ses affaires pour rejoindre ses amis ayant déjà quitté le terrain, a décidé de raconter à "Al-Akhbar" tout le calvaire qu'il a vécu.

L'administration interviendra-t- elle  pour ces sans abris?





Monsieur "M" raconte : " Beaucoup d'hommes nous ont rendu visite lors de la dernière campagne présidentielle et les visites se sont multipliées ces derniers jours pour nous mettre la pression et nous imposer certain choix, mais nous résistons toujours.
Hier, nous avons reçu la visite d'un homme qui dit posséder le terrain dans lequel nous vivons (nous sommes environs 30 personnes) et a demandé à une jeune fille innocente sa position politique, elle était naïve et a répondu :" Nous voterons tous pour le candidat du RFD, Ahmed Ould Dadah" . Immédiatement, l'homme est entré nous voire pour nous dire : "Vous devrez, immédiatement, quitter définitivement ce terrain."
Nous avons essayé d'arranger un délai de quelques jours avec lui, mais il a refusé et a insisté sur notre expulsion... Certaines familles ont déjà quitté le lieu, quant à moi vous voyez bien ma situation, j'attends encore ..."
Et sur ce que ces familles comptent faire, "M" répond : "Comme vous le voyez, nous avons commencé à ranger nos affaires et certains de nos hommes sont partis nous chercher une alternative après être certain que l'homme ne veut pas nous laisser encore du temps."

Ici vivaient 30 mauritaniens avant les élections





"Al-Akhbar" a essayé de joindre le propriétaire du terrain pour avoir sa version et ses commentaires, mais il ne nous a pas été possible. Nous avons également essayé de contacter le Hackem du Ksar qui était injoignable malgré que ces familles rassurent qu il est déjà au courant de la situation.


Source :Al-Akhbar




 

 

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